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Nutrition de l’athlète d’endurance : stratégies concrètes pour éviter le mur en course

Nutrition de l’athlète d’endurance : stratégies concrètes pour éviter le mur en course
Nutrition de l’athlète d’endurance : stratégies concrètes pour éviter le mur en course

Tu ne « manques pas de mental ». Tu manques de glucose.

Tu ne « craques pas au 30e km ». Tu arrives juste au bout de ton stock de carburant.

Tu ne « fais pas une mauvaise course ». Tu paies, avec intérêts, ce que tu as négligé les 24 à 48 heures avant le départ.

Ça pique à lire, mais c’est la réalité : si tu t’entraînes sérieusement et que tu te prends encore le mur, ce n’est presque jamais un problème d’entraînement. C’est un problème de nutrition d’endurance.

Et le plus ironique dans tout ça ? Tu n’as probablement pas un « mauvais corps » pour l’endurance. Tu as juste de mauvaises stratégies de carburant. Comme 90 % des coureurs, triathlètes, cyclistes et traileurs amateurs.


Tu connais très bien ce moment où tout s’écroule

Visualise.

Tu es en course. Tout se passe plutôt bien. Tu es dans ton allure, la montre bippe, tu es « dans les clous ». Tu bois un peu, tu prends un gel de temps en temps, tu te dis que ça ira.

Et puis, sans prévenir, ça commence à grincer :

  • Les jambes deviennent lourdes d’un coup.
  • L’allure qui te semblait fluide devient pénible.
  • Tu ne lis plus vraiment ta montre, tu subis.
  • Tu regardes au loin… le parcours te paraît interminable.

Tu n’es pas essoufflé comme à VMA. Tu n’es pas blessé. Tu es vide.

C’est ça, le mur. Pas un problème de courage. Un problème de carburant.

Et le pire, c’est que tu le sais. Parce qu’après la course, tu refais le film :

  • « J’ai peut-être pris le premier gel un peu tard. »
  • « J’ai pas trop mangé hier soir, j’étais crevé. »
  • « J’ai zappé le petit dej complet parce que j’avais le ventre noué. »

Mais sur le moment, tu continues à croire que ça va passer « à la force du mental ».

Non. Ça ne passe pas. Parce que quand ton cerveau n’a plus de sucre, il coupe le son. Et il ne demande pas ton avis.


Pourquoi tu tapes le mur (même en t’entraînant sérieusement)

On va être clairs : si tu lis cet article, tu n’es pas en train de courir deux fois par mois « pour la forme ». Tu t’entraînes. Tu suis un plan, tu fais des sorties longues, tu surveilles ton allure.

Et pourtant, tu continues à :

  • t’écrouler après une certaine durée, toujours la même,
  • enchaîner les coups de mou en fin de sortie longue,
  • ne pas comprendre pourquoi tu n’arrives pas à reproduire en course ce que tu fais à l’entraînement.

Ce n’est pas ton VO2max qui coince. C’est ta gestion de l’énergie. Et plus précisément, ta gestion du glycogène et du glucose en course.

Le problème, ce n’est pas que tu ignores tout ça. Le problème, c’est que tu crois « à peu près savoir ». Tu as entendu :

  • « il faut manger des pâtes la veille »,
  • « un gel toutes les 45 minutes »,
  • « bois avant d’avoir soif ».

Résultat : tu accumules des demi-conseils, des croyances, des habitudes copiées sur d’autres. Mais rien de structuré, rien de testé sérieusement, rien de personnalisé.

C’est comme courir un marathon en ayant « à peu près » suivi un plan d’entraînement.


La vraie question que tu dois te poser

Arrêtons deux secondes de parler de théories, d’index glycémique et de courbes de lactate.

Pose-toi plutôt cette question concrète :

Au kilomètre où tu prends toujours le mur… qu’est-ce que tu as réellement consommé dans les 2 heures qui précèdent ? Et dans les 24 heures avant le départ ?

Si tu es honnête, ça donne souvent un truc du style :

  • La veille : des pâtes, « mais pas trop tard », parfois sans vraie stratégie de quantité.
  • Le matin : un petit dej pris plus par habitude que par stratégie (tartines, café, jus d’orange, parfois rien de solide parce que « l’estomac ne suit pas »).
  • En course : des gels pris « à la sensation », parfois trop tard, parfois bouchés par un estomac déjà à l’envers.

Tu ne fais rien de « catastrophique ». Tu fais exactement ce que la majorité des coureurs font.

Et tu obtiens exactement le même résultat que la majorité : le mur.

Si tu veux un autre résultat, il ne te faut pas « plus de courage ». Il te faut une stratégie. Claire. Testée. Adaptée à toi.


Stratégie n°1 : arrêter de jouer au hasard avec ton carburant

On va partir de très concret, parce que c’est ce qui t’intéresse : comment éviter ce fameux mur sur ta prochaine course.

Première chose : accepte une idée simple mais inconfortable.

Si tu ne planifies pas ta nutrition de course avec autant de précision que ton allure ou ton plan d’entraînement, tu cours déjà avec un handicap.

Construis ton « scénario carburant » de course

Tu connais ton allure cible au kilo, ton temps estimé, parfois même ta fréquence cardiaque cible. Tu dois connaître la même chose pour ta nutrition :

  • Quel sera ton apport en glucides par heure ?
  • Sous quelle forme : gels, boisson énergétique, barres ?
  • À quels moments précis tu les prends ?
  • Qu’est-ce que tu bois avec ? Quelle quantité ?

C’est ce qu’on va détailler maintenant.


Stratégie n°2 : savoir combien de glucides tu dois viser (pour de vrai)

Tu as sans doute déjà lu « entre 30 et 90 g de glucides par heure ». Bien. Ça, c’est de la théorie.

Concrètement, pour un athlète d’endurance amateur (toi), on a un repère simple :

  • Courses de 1h30 à 3h (semi, petit triathlon, trail court) : vise 30–60 g de glucides par heure.
  • Courses de 3h à 6h (marathon, ironman 70.3, trail long) : vise plutôt 60–75 g/h, voire plus si tu tolères bien.
  • Au‑delà : là, on passe sur des stratégies avancées qu’il faut obligatoirement tester en amont.

Ça reste flou ? On traduit en choses que tu vois dans les rayons :

  • Un gel classique : environ 20–25 g de glucides.
  • Un bidon de 500 ml de boisson énergétique : 25–35 g de glucides selon les marques.
  • Une compote « sport » : 15–20 g.

Donc si tu vises 60 g/h, ça peut donner par exemple :

  • 1 gel (25 g) + 500 ml de boisson énergétique (30 g) = 55 g/h,
  • ou 2 gels (50 g) + un peu de boisson sucrée (10 g) = 60 g/h.

Ce n’est plus vague. C’est chiffré. Et à partir de là, tu peux tester à l’entraînement.


Stratégie n°3 : arrêter de tout jouer sur le matin de la course

Tu veux un aveu brutal ? Le matin de la course, c’est déjà trop tard pour « bien faire ». Tu peux optimiser à la marge, mais les dés sont quasiment jetés.

Ton vrai carburant vient principalement de :

  • ce que tu as mangé la veille,
  • et même l’avant-veille quand la course est très longue.

La veille : simple, mais pas improvisé

Tu n’as pas besoin de te bourrer jusqu’à l’écœurement de pâtes blanches. Mais tu as besoin d’une journée où :

  • tes apports en glucides sont un peu augmentés (riz, pâtes, pommes de terre, pain, fruits, semoule…),
  • tu évites les gros excès de fibres et d’aliments gras (plats lourds, fritures, excès de crudités),
  • tu bois régulièrement pour ne pas partir déjà déshydraté.

Si tu fais un marathon et que la veille, ton dîner c’est : salade + un peu de pâtes « pour ne pas trop manger le soir » + un verre de vin « pour fêter ça », tu pars avec le réservoir à moitié rempli. Peu importe ton entraînement.

Le petit déjeuner de course : tu dois le connaître par cœur

Tu as peut-être encore cette habitude : tester un nouveau petit dej le jour J parce que « quelqu’un m’a dit que c’était bien ».

Ça, c’est la meilleure façon de passer la première heure de course à te demander si tu vas vomir au prochain ravito.

Ton petit déjeuner de course doit répondre à 3 critères :

  1. Tu l’as déjà testé au moins 2–3 fois sur des grosses sorties.
  2. Il est principalement riche en glucides, faible en graisses et en fibres.
  3. Tu le termines idéalement 2h à 3h avant le départ.

Concrètement, ça peut donner (exemples) :

  • pain blanc + miel / confiture + banane + un peu d’eau ou thé,
  • gâteau sport du commerce ou maison + compote,
  • flocons d’avoine bien cuits + miel + banane (si tu tolères les fibres).

Ce n’est pas original. Ce n’est pas instagrammable. C’est juste efficace.


Stratégie n°4 : ne pas attendre d’avoir faim (ou d’être au fond du trou)

Tu as déjà pensé ça en course :

« Pour l’instant, ça va, je garde le gel pour plus tard ».

Traduction : tu attends que ça n’aille plus pour réagir.

Le carburant, ce n’est pas un bouton on/off. Ce que tu prends maintenant sert surtout pour… plus tard. Si tu attends d’être dans le dur pour manger, tu arrives toujours en retard.

Planifie tes prises avant de souffrir

Au lieu de te fier à « je verrai bien », pose noir sur blanc :

  • Premier apport : entre 20e et 30e minute, même si tu te sens frais.
  • Puis toutes les 20 à 30 minutes, en petites quantités (par exemple 1/2 gel + quelques gorgées de boisson).

Ce fractionnement a plusieurs avantages :

  • Tu évites l’effet « gros bloc » de sucre d’un coup sur l’estomac.
  • Tu lisses ton énergie, au lieu d’alterner pics et chutes.
  • Tu gardes le cerveau alimenté, donc ta lucidité pour gérer ta course.

Ta nouvelle règle peut tenir en une phrase :

Ne pas attendre les signaux d’alerte pour manger. Anticiper systématiquement.


Stratégie n°5 : adapter ton plan à ton estomac (et pas l’inverse)

Tu as déjà eu :

  • des nausées en plein milieu d’un trail,
  • l’impression que ton gel reste coincé dans la gorge,
  • des crampes au ventre qui t’obligent à marcher.

Ce qui se passe n’a rien de mystique : en endurance, une grosse partie du sang va vers les muscles… et moins vers le système digestif. Donc, si tu balances un truc que ton estomac tolère mal, il te le fait payer cash.

La clé, ce n’est pas de t’endurcir. C’est de t’entraîner à digérer en conditions réelles.

Tu dois t’entraîner à manger, autant qu’à courir

Dans tes sorties longues, au lieu de juste « prendre un gel au cas où », fais de chaque sortie un vrai test :

  • Choisis une quantité de glucides par heure (ex : 40 g/h).
  • Décide de la forme (ex : 1 gel + boisson énergétique).
  • Note comment tu te sens à H+1, H+2, H+3 : énergie, digestion, envie de sucre, écœurement, etc.

Tu dois identifier :

  • les produits que tu tolères bien,
  • ceux qui te retournent le ventre,
  • la fréquence de prise qui t’évite les pics et les creux.

Ce travail n’a rien de glamour. Il n’est pas spectaculaire. Mais il fait la différence entre :

  • un marathon subi à marcher/alterner,
  • et un marathon où tu peux réellement courir ton dernier 10 km, pas juste survivre.

Stratégie n°6 : gérer la boisson comme un outil, pas comme un réflexe

Tu as sans doute déjà entendu : « bois avant d’avoir soif ». Puis : « attention à pas trop boire ». Puis : « prends des électrolytes ». Résultat : tu ne sais plus très bien quoi faire.

Tu n’as pas besoin d’une formule magique. Tu as besoin d’éviter deux extrêmes :

  • partir déjà un peu déshydraté,
  • te noyer au point d’avoir l’estomac plein d’eau et de sucre qui stagne.

En pratique, ça donne quoi ?

  • Avant la course : bois normalement dans la journée, sans descendre 2 litres juste avant de te coucher. Les 2 heures avant le départ, quelques gorgées régulières suffisent.
  • Pendant la course : vise quelques gorgées toutes les 10–15 minutes, plutôt qu’un demi-bidon d’un coup à chaque ravito.

Si tu prends des boissons énergétiques, inclus-les dans ton calcul de glucides par heure. Sinon tu te retrouves à 80–90 g/h… alors que ton estomac en tolère 50–60 g.

Encore une fois, ton but n’est pas de suivre une théorie parfaite. Ton but est de tester ce qui marche pour toi avant le jour J.


Stratégie n°7 : relier enfin ton entraînement et ta nutrition

Tu as peut-être déjà connu ça : tu fais une grosse sortie longue, tu rentres rincé, tu manges « à peu près » ce que tu trouves, tu dors moyen, et le lendemain tu te sens éclaté. Normal.

Ce qui t’empêche d’encaisser les grosses charges, ce n’est pas seulement la séance elle-même. C’est ce qui entoure la séance : ce que tu mets dans ton assiette et ton bidon.

Et ça, tu le paies en course :

  • parce que ton corps n’est pas habitué à encaisser du sucre en courant longtemps,
  • parce qu’il ne sait pas bien reconstituer ses stocks entre deux grosses séances,
  • parce qu’il ne sait pas ce qu’il va recevoir comme carburant le jour J (tu changes tout à chaque course).

Tu t’entraînes des semaines, parfois des mois, pour un objectif. Mais tu n’as pas de trame précise et réaliste sur :

  • comment construire ta journée d’avant-course,
  • quoi manger et boire sur différentes durées (1h30, 3h, 5h, etc.),
  • comment tester tout ça à l’entraînement sans te prendre la tête.

Et c’est exactement là que la majorité des athlètes amateurs se sabordent. Pas sur la piste. Pas sur les trails. Mais dans la cuisine, la veille de la course.


Mettre tout ça bout à bout : ton plan nutrition concret pour éviter le mur

Regarde comment tout ce qu’on vient de voir peut se transformer en quelque chose de hyper concret pour ta prochaine course.

Exemple : marathon avec objectif entre 3h30 et 4h15

Imaginons : tu prévois de finir en environ 4h. Tu vas viser 50–60 g de glucides par heure. Voici à quoi ça peut ressembler.

La veille

  • Repas simples, riches en glucides (riz, pâtes, pommes de terre, pain) à chaque repas.
  • Tu évites les bombes de fibres (plat de crudités XXL) et les graisses lourdes (fast food, charcuterie en excès).
  • Tu bois régulièrement dans la journée, sans forcer comme un fou.

Le matin de la course

  • Petit dej 2h30–3h avant : par exemple gâteau sport + banane + un peu d’eau/thé.
  • Tu ne testes rien de nouveau. Tu prends ce que tu connais et que tu as déjà validé.

En course

  • Objectif : 1 gel toutes les 30–35 minutes + un peu de boisson énergétique ou d’eau à chaque ravito.
  • Tu commences tôt : premier gel vers la 20e–25e minute, même si tu es frais.
  • Tu fractionnes : tu peux prendre un demi-gel à la fois si ça passe mieux.

Tu te retrouves avec :

  • 3–4 gels sur les 2 premières heures,
  • 2–3 gels sur les heures suivantes,
  • des apports liquides réguliers pour faciliter l’absorption.

Est-ce qu’il faudra ajuster ? Oui. Selon ta tolérance, ta taille, ta vitesse, la météo. Mais tu pars d’une base structurée, pas d’un « je verrai bien ».


Et maintenant : soit tu continues comme avant… soit tu deviens enfin systématique

On va être honnête : tout ce que tu viens de lire, tu pourrais le laisser ici. Te dire « oui, c’est intéressant », refermer l’onglet, retourner à ton entraînement, et espérer que cette fois, le mur sera moins violent.

Tu peux aussi faire autre chose.

Tu peux décider que :

  • tes courses ne seront plus une loterie énergétique,
  • tu ne perdras plus des mois de préparation sur un gel pris trop tard,
  • tu vas traiter ta nutrition, ta récupération, ton hydratation et ton sommeil comme de vrais leviers de performance, pas comme des détails optionnels.

Parce que ce qu’on a abordé ici, c’est juste un morceau d’un puzzle plus large : celui de l’athlète moderne qui ne laisse plus sa performance au hasard.

Si tu as reconnu tes propres galères dans ces lignes – les murs répétés, les coups de mou absurdes, les estomacs retournés, les nuits pourries avant course – alors tu sais qu’il te manque quelque chose : une vision d’ensemble, concrète, testable, qui relie nutrition, récupération, sommeil et hydratation à tes objectifs d’endurance.

C’est exactement ce que développe en détail Le Handbook de l’Athlète Moderne : des stratégies claires, applicables, avec des plans, des exemples, des checklists, pour que tu arrêtes de deviner et que tu commences à maîtriser.

Si tu sens que c’est précisément ce qui te manque pour arrêter de te prendre le mur – en course comme à l’entraînement – la suite logique, c’est de plonger dedans maintenant.

Le Handbook de l’Athlète Moderne

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