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Je porte tout sur mes épaules : exercice pratique pour lâcher le contrôle en 7 jours

Je porte tout sur mes épaules : exercice pratique pour lâcher le contrôle en 7 jours

Il est 23h47.

Tout le monde dort chez toi.

Le bruit du frigo. La lumière de ton téléphone. Et ta tête… qui ne se tait pas.

“J’ai oublié de répondre à ce mail.”

“Demain je dois penser à…”

“S’il arrive un problème, on comptera sur moi.”

Tu fixes le plafond. Ton corps est épuisé. Ton cerveau, lui, est déjà en réunion pour demain.

Tu te vois ?

Tu n’es pas en train de vivre ta vie. Tu es en train de tout porter. Pour tout le monde. Tout le temps.

Et si on arrêtait, juste une semaine, de tout porter sur tes épaules ?

Comment savoir si tu portes (beaucoup) trop sur tes épaules

On ne se réveille pas un matin en se disant : “Tiens, je vais devenir le sauveur officiel de tout le monde.”

C’est plus discret que ça. Plus pernicieux aussi.

Regarde si tu te reconnais :

  • Tu dis “oui” alors que ton corps crie “non”, juste pour ne pas décevoir.
  • Tu te retrouves souvent à finir le travail des autres “parce que sinon ça n’avancera jamais”.
  • Tu es la personne qu’on appelle dès qu’il y a une galère. Et tu réponds. Toujours.
  • Tu anticipes les besoins des autres avant même qu’ils les expriment.
  • Tu te sens coupable quand tu prends du temps pour toi.
  • Tu as du mal à demander de l’aide. Très mal, même.
  • Tu te sens “fort(e)”… mais à l’intérieur, tu es à bout.

Si tu as coché ne serait-ce que trois de ces phrases dans ta tête, il y a de grandes chances que tu vives avec ce costume invisible : celui de celui/celle qui porte tout.

Et ce costume a un prix :

  • Tu dors mal.
  • Tu somatises (maux de dos, cervicales, migraines…).
  • Tu te sens tendu(e), irritable, à fleur de peau.
  • Tu as parfois envie de tout envoyer balader… mais tu ne le fais pas.

Le pire, ce n’est pas la fatigue. Le pire, c’est ce que tu te racontes sur toi :

  • “Si je ne le fais pas, personne ne le fera.”
  • “Je ne peux pas lâcher, ils comptent sur moi.”
  • “Je dois tenir.”

Tu vois, on n’est plus sur une simple surcharge. On est sur une identité : tu t’es construit comme quelqu’un qui doit porter, contrôler, tenir. Tout le temps.

On va voir ensemble comment, en 7 jours, tu peux commencer à lâcher ce contrôle. Pas en théorie, pas avec des grandes phrases. Avec des exercices concrets. Et surtout, avec la permission de ne plus tout porter tout(e) seul(e).

Avant de commencer : une vérité inconfortable sur le contrôle

Il faut qu’on se le dise clairement : si tu portes tout sur tes épaules, ce n’est pas seulement “parce que les autres abusent”.

C’est aussi parce que tu as besoin de ce rôle.

Ça pique un peu à lire. Et pourtant :

  • Être celui/celle qui gère donne un sentiment d’utilité.
  • Contrôler t’évite de te confronter à une peur : et si on ne t’aimait plus si tu ne servais à rien ?
  • Porter pour tout le monde t’empêche parfois de regarder ta propre vie de trop près.

On ne va pas faire de la psychologie de comptoir pendant trois heures, mais garde ça en tête pendant les 7 jours : lâcher le contrôle, ce n’est pas “devenir faible”. C’est accepter de ne plus baser ta valeur sur ce que tu portes pour les autres.

Maintenant, on y va. 7 jours. 7 exercices. Pas de miracle magique. Mais un début très concret pour que tu puisses enfin respirer.

Jour 1 – Mettre la lumière là où tu portes trop

Objectif : voir, noir sur blanc, tout ce que tu portes. Pas pour te faire peur. Pour être honnête avec toi.

Exercice du jour

Prends une feuille et divise-la en 3 colonnes :

  1. Ce que je porte au travail
  2. Ce que je porte dans ma vie perso (famille, couple, amis)
  3. Ce que je porte dans ma tête (inquiétudes, anticipations, scénarios)

Pendant 10 à 15 minutes, note absolument tout. Même les choses qui te semblent “normales” :

  • “Je pense à faire les courses pour tout le monde.”
  • “Je rappelle à mon/ma partenaire ses rendez-vous.”
  • “Je prends sur moi pour que l’ambiance reste bonne.”
  • “Je finis les dossiers en retard des autres.”
  • “Je m’inquiète pour l’avenir de mes parents / de mes enfants / de mes finances…”

Important : ne trie pas, ne juge pas. Tu vides. Tu déposes. Tu sors de ta tête tout ce que tu portes.

Petit moment de vérité

Quand tu reliras ta feuille, il est possible que tu ressentes :

  • de la colère (“Pourquoi tout repose sur moi ?”)
  • de la tristesse (“Je me rends compte à quel point je suis seul(e) dans ce rôle.”)
  • ou un mélange des deux.

Ne cherche pas à te calmer tout de suite. Reste avec ce constat : c’est trop pour une seule personne. C’est humain de ne plus en pouvoir. Tu n’es pas “faible”, tu es surchargé(e).

Ce premier jour n’a qu’un but : que tu ne puisses plus faire semblant de ne pas voir.

Jour 2 – Identifier ce qui ne t’appartient pas

Objectif : faire le tri entre ce qui est vraiment ta responsabilité… et ce que tu as ramassé par habitude, par peur ou par loyauté.

Exercice du jour

Reprends ta feuille d’hier. À côté de chaque élément, ajoute une des mentions suivantes :

  • 100 % moi : c’est clairement ta responsabilité. Exemple : payer ton loyer, répondre à tes mails professionnels, t’occuper de ta santé.
  • Partagé : tu y as une part, mais tu n’es pas censé(e) le porter seul(e). Exemple : l’organisation de la maison, l’ambiance au travail, certains projets d’équipe.
  • Pas à moi : tu as pris ça sur tes épaules “par défaut”. Exemple : la gestion émotionnelle d’un parent, les finances d’un adulte autonome, les choix de vie d’un ami, la motivation de tes collègues.

Sois honnête, mais aussi courageux/courageuse. Tu vas entendre une petite voix te dire : “Oui, mais si je ne le fais pas, qui va le faire ?”

On y répondra plus tard. Pour l’instant, ton job c’est juste de voir.

Question clé

Pour t’aider, pose-toi la question pour chaque ligne :

“Si j’étais malade pendant un mois, qui s’en occuperait ?”

Si la réponse est : “Personne, tout s’écroulerait”, deux possibilités :

  • Soit c’est une responsabilité importante, et tu dois apprendre à la déléguer ou la partager.
  • Soit tu as pris un rôle de pilier à un endroit où tu n’étais pas censé(e) être un pilier.

Tu commences à le voir, non ? Ce n’est pas juste une histoire de “je suis débordé(e)”. C’est une mécanique profonde.

Jour 3 – Dire non sans t’effondrer (ou culpabiliser pendant 3 jours)

Objectif : faire l’expérience, à petite dose, de poser une limite. Et survivre.

Exercice du jour

Choisis une petite chose dans ta liste “Partagé” ou “Pas à moi” que tu vas arrêter de prendre en charge dès aujourd’hui.

Ça peut être :

  • Ne plus répondre tout de suite à chaque demande urgente de ton manager ou de tes collègues.
  • Ne plus être celui/celle qui relance tout le monde dans le groupe WhatsApp familial.
  • Ne plus dire “Oui, je vais m’en occuper” quand quelqu’un lance “Il faudrait quand même que quelqu’un…”

Ensuite, tu vas utiliser une phrase simple, du type :

  • “Je ne peux pas prendre ça en charge en ce moment.”
  • “Je ne vais pas m’en occuper cette fois-ci.”
  • “Je suis déjà au maximum, je ne peux pas ajouter ça.”

Ce qui va se passer (probablement)

À l’intérieur :

  • Une montée de culpabilité.
  • Un léger vertige (“Ils vont mal le prendre / on va m’en vouloir…”).
  • Peut-être même un réflexe : “Bon d’accord, je vais le faire quand même.”

À l’extérieur :

  • Parfois, rien. Le monde continue de tourner.
  • Parfois, un peu de surprise (“Ah bon ? D’habitude tu…”).
  • Parfois, une mini-manipulation (“Allez, toi tu sais faire…”).

Tiens. C’est intéressant, non ? Tu réalises que le plus violent, ce n’est pas toujours la réaction des autres. C’est ce que toi tu ressens quand tu n’es plus dans ton rôle habituel.

Ce jour-là n’est pas là pour te transformer. Il est là pour te montrer quelque chose : tu peux dire non, et rester debout. Même si ça tremble à l’intérieur.

Jour 4 – Laisser volontairement quelque chose “imparfait”

Objectif : attaquer ton besoin de contrôle par un endroit que tu peux gérer : le perfectionnisme.

Porter tout sur tes épaules, c’est souvent lié à une croyance : “Si ce n’est pas parfaitement fait, ce n’est pas acceptable.”

Exercice du jour

Aujourd’hui, tu vas choisir délibérément une chose que tu ne feras pas parfaitement.

Par exemple :

  • Envoyer un mail qui n’est pas relu dix fois (deux relectures max, puis tu l’envoies).
  • Ne pas ranger immédiatement quelque chose à la maison.
  • Faire un repas “simple”, pas ultra préparé ni ultra équilibré.
  • Dire “Je ne sais pas” à une question, au lieu de chercher la meilleure réponse.

Une fois que c’est fait, observe :

  • Ce que tu ressens dans ton corps (tension, gêne, agitation).
  • Ce qui se passe réellement autour de toi (Spoiler : le monde ne s’écroule pas.)

Note sur un coin de feuille, le soir :

  • Ce que j’imaginais qui allait se passer
  • Ce qui s’est réellement passé

Tu viens de mettre un pied dans quelque chose de crucial : ton cerveau dramatise les conséquences du lâcher-prise. La réalité, elle, est souvent beaucoup plus neutre.

Jour 5 – Demander de l’aide (pour de vrai)

Objectif : briser le réflexe “je gère tout seul/je gère toute seule”.

Je sais, rien que de lire “demander de l’aide”, tu as peut-être envie de fermer la page. Reste avec moi.

Exercice du jour

Choisis une chose concrète que tu portes seul(e) alors que tu pourrais la partager ou la déléguer. Puis… demande de l’aide.

Par exemple :

  • Demander à ton/ta partenaire de gérer un rendez-vous, une démarche, un dîner.
  • Demander à un collègue de prendre le relais sur une partie d’un dossier.
  • Demander à un proche de venir te donner un coup de main (logistique, administratif, peu importe).

Tu peux utiliser une phrase du type :

  • “En ce moment, je me sens surchargé(e). Est-ce que tu peux prendre en charge X cette semaine ?”
  • “J’ai besoin de soutien sur Y, est-ce que tu peux t’en occuper / m’aider ?”

Ce qui se joue en profondeur

En demandant de l’aide, tu es en train de toucher à la racine de ton rôle de sauveur : cette idée que tu ne peux compter que sur toi.

Ce jour-là, tu vas peut-être te sentir :

  • vulnérable
  • “faible” (même si tu ne l’es pas)
  • dans l’inconfort total.

Et pourtant, tu es en train de faire un geste d’énorme courage : reconnaître que tu as des limites. Et que tu as le droit d’être soutenu(e).

Jour 6 – Lâcher le contrôle sur ce que les autres ressentent

Objectif : arrêter (un peu) de gérer les émotions de tout le monde.

Si tu portes tout sur tes épaules, il y a des chances que tu sois aussi la personne qui :

  • évite les conflits à tout prix
  • rattrape les maladresses des autres
  • fait tampon quand quelqu’un est en colère ou triste
  • essaie de garder tout le monde “bien”.

Exercice du jour

Aujourd’hui, tu vas laisser une émotion désagréable exister… sans la gérer.

Concrètement :

  • Si quelqu’un est contrarié par une décision que tu as prise, tu ne te justifies pas pendant 20 minutes. Tu dis simplement : “Je comprends que ça te contrarie. Je maintiens ma décision.”
  • Si l’ambiance baisse à cause de quelqu’un, tu ne prends pas la responsabilité de “remonter le niveau”.
  • Si un proche est triste, tu peux être présent(e), mais sans te mettre en mission “je vais le/ la sauver”. Juste écouter.

Tu laisses les émotions vivre. Sans réparer. Sans porter.

Tu verras peut-être que tu as un réflexe immédiat : combler, rassurer, minimiser. Résiste, juste pour aujourd’hui. Observe ce que ça fait, en toi, de ne pas être en mode sauvetage.

Jour 7 – Décider ce que tu ne porteras plus (et ce que tu choisis de garder)

Objectif : sortir du flou. Choisir, en conscience, quelles charges tu acceptes… et lesquelles tu décides d’arrêter de porter.

Exercice du jour

Reprends ta feuille du jour 1 (avec les mentions ajoutées au jour 2). Pour chaque élément, réponds à ces 3 questions :

  1. Est-ce que je veux vraiment continuer à porter ça ?
  2. Si oui, à quelle condition ? (partage, limites, temps, reconnaissance…)
  3. Si non, quelle est la première petite action pour m’en désengager ?

Tu peux faire un code couleur :

  • Vert : “Je garde, mais en ajustant”
  • Orange : “Je commence à partager / déléguer”
  • Rouge : “Je décide d’arrêter, progressivement”

Le moment important

À ce stade, une résistante majeure peut apparaître :

“D’accord, mais si j’arrête de porter tout ça… je deviens qui, moi ?”

Parce qu’au fond, c’est de ça qu’il est question. Lâcher le contrôle, ce n’est pas juste mieux s’organiser. C’est changer la place que tu occupes dans ta famille, dans ton couple, dans ton travail.

C’est accepter que :

  • Les autres vont parfois être en difficulté sans que tu les sauves.
  • On ne t’aimera plus seulement pour ce que tu fais, mais pour qui tu es (et ça, c’est vertigineux).
  • Tu vas devoir t’occuper aussi… de ta propre vie.

C’est là que beaucoup de gens abandonnent. Parce que la surcharge, aussi douloureuse soit-elle, est familière. Être libre, moins chargé(e), ça peut faire peur.

Et maintenant ? Tu as mis un pied dehors…

Si tu as suivi ces 7 jours, même partiellement, plusieurs choses ont probablement émergé :

  • Tu t’es rendu compte que tu portes beaucoup plus que ce que tu admettais.
  • Tu as vu que certains poids ne t’appartiennent pas vraiment.
  • Tu as expérimenté qu’on peut dire non, demander de l’aide, laisser des choses imparfaites… sans que le monde explose.

Mais peut-être que tu te sens aussi dans un entre-deux étrange :

  • Tu n’as plus envie de continuer comme avant.
  • Tu ne sais pas encore bien comment faire autrement sans tout chambouler.
  • Tu sens bien que ça touche à des choses profondes : ta manière d’aimer, de te sentir utile, de te sentir en sécurité.

C’est normal. On ne défait pas en 7 jours un rôle que tu portes parfois depuis des années.

Ce que tu as commencé là, c’est un mouvement. Une sortie progressive du rôle de sauveur, de sauveuse. De celui/celle qui tient tout, tout le temps, pour tout le monde.

Et tu n’as pas à faire ce chemin en solo, encore une fois.

Si tu te reconnais trop dans ce que tu viens de lire…

Si, en lisant cet article, tu t’es surpris(e) à penser :

  • “Mais c’est exactement moi.”
  • “Comment il/elle sait ça ?”
  • “Je me sens vu(e) et ça me fait bizarre.”

Ce n’est pas un hasard.

Tu n’es pas juste “quelqu’un de gentil qui aide beaucoup”. Tu as construit un rôle complet, millimétré, autour de cette idée : “c’est à moi de porter”. Et ce rôle, il t’épuise.

Ce qu’on a fait avec ces 7 jours, c’est t’ouvrir une porte. Mais derrière cette porte, il y a d’autres questions :

  • Comment arrêter de te sentir coupable dès que tu penses à toi ?
  • Comment poser des limites sans te transformer en bloc de glace ?
  • Comment rester quelqu’un de présent et de fiable… sans t’écraser toi-même ?
  • Comment sortir de ce besoin de sauver pour enfin te sentir à ta place, toi ?

Si tu as envie d’aller plus loin, d’avoir un cadre, des exemples concrets, des phrases toutes faites pour poser des limites, des pistes pour comprendre d’où vient ce besoin de tout porter… tu vas trouver tout ça juste après.

L’encadré qui suit va te présenter un livre qui a été pensé précisément pour les personnes comme toi, qui en ont assez de tout porter sur leurs épaules mais ne savent pas comment en sortir sans casser leurs relations.

Si en cet instant tu sens cette petite voix en toi qui murmure : “J’en peux plus de vivre comme ça”, alors prends le temps de lire ce qui suit. Ça pourrait bien être ton prochain pas pour te libérer, pour de vrai, de ce rôle qui ne te définit pas.

Arrête de Tout Porter sur Tes Épaules

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